Le Nouvelliste du 26 novembre 2024 se faisait l’écho d’une étude effectuée par la HES-SO Valais à la demande du canton, concernant la pauvreté dans notre région.
On y apprenait que dans notre canton 6,4 % des personnes vivent sous le seuil de pauvreté, alors que près de 29 % courent le risque de tomber dans la pauvreté et que 1/4 des Valaisan.ne.s sont sans fortune personnelle.
Dans ce contexte, l’offre de logements à prix abordables est une question primordiale. L’étude notait ainsi qu’une personne seule au revenu très modeste utilise 42 % de son revenu pour accéder à un logement d’une pièce, ce qui laisse imaginer sa situation si elle voulait disposer d’un peu plus d’espace; une famille d’un adulte et de deux enfants juste au dessus du revenu donnant droit à une aide pour l’assurance maladie doit quant à elle dépenser le 1/4 de son revenu pour un logement de trois pièces. Il était encore indiqué qu’entre 2018 et 2022, les hausses globales de loyers se sont situées chez nous entre 5 et 6 %. Enfin l’étude signalait que 77 % des communes interrogées n’ont pas mis en place une politique du logement.

Toutes ces données font réfléchir le POP-Valais-Wallis. Incontestablement il existe un lien entre la pauvreté et les problèmes de logement. Incontestablement l’attitude adoptée en Suisse face au logement n’est pas admissible. Alors que se loger est un besoin comme l’alimentation et les soins médicaux, on le considère comme un produit commercial régi par le marché. L’offre et la demande règnent, et quand la demande grandit, les prix augmentent. Ceux qui en profitent, les propriétaires, les promoteurs et les agents immobiliers, accroissent leur fortune, ceux qui gagnent peu sont laissés à eux-mêmes, forcés de se débrouiller pour payer des loyers trop élevés pour les seuls logements disponibles. Les pouvoirs publics liés au capital refusent en général d’intervenir et de remplir leur devoir de satisfaire un des besoins de base des habitant.e.s.

Le POP-Valais-Wallis se bat pour une vraie politique du logement qui dans ce domaine ne donne pas tous les pouvoirs au marché. Il faudrait en tout cas dans chaque commune évaluer le nombre de familles en attente de logements à prix abordables et le nombre de logements disponibles. Pour faire correspondre l’offre à la demande, les communes (peut-être avec une aide cantonale) pourraient imposer lors des nouvelles constructions des quotas de logements à prix abordables, éventuellement avec une subvention aux promoteurs privés. Comme alternative ou comme complément les communes pourraient aussi construire elles-mêmes des logements ou en acheter pour les mettre à la disposition de ceux qui en ont besoin. L’aide au paiement des loyers est aussi envisageable, mais semble une solution plus boiteuse: elle illustre bien la tendance libérale à tolérer ou à encourager les abus pour les promoteurs et bailleurs bénéficiaires du système, en finançant des réparations grâce à l’argent des contribuables.

Le POP-Valais-Wallis ayant déjà apporté sa contribution à la lutte contre la pauvreté à travers le salaire minimum, constate l’urgence qu’il y a à s’occuper des logements et des loyers. Il exige que des logements à prix abordables soient garantis à tou.te.s, que le logement ne soit pas seulement considéré comme une marchandise, et que l’Etat fasse son travail en vue de la satisfaction des besoins des habitant.e.s.

Que ceux qui veulent spéculer le fassent en construisant des chalets de luxe pour les multimillionnaires, mais qu’ils ne puissent plus grossir allègrement leur pelote sur le dos des moins favorisés !

Jean-Marie Meilland