Le POP-Valais-Wallis a pris connaissance avec le plus grand intérêt des propositions du syndicat Uniterre pour développer en Suisse une agriculture équilibrée et durable. Le syndicat les a présentées à Berne le 26 novembre 2024 suite à une manifestation, et elles sont une réponse critique à une motion adoptée par le Parlement et le Conseil fédéral. Pour l’essentiel, le POP-Valais-Wallis les juge tout à fait convaincantes.

Elles correspondent à trois axes, dont l’un concerne la consommation, l’autre le type d’agriculture et le troisième la condition paysanne.
Pour la consommation, Uniterre insiste sur une production de qualité locale. Pour cela il préconise l’attribution des paiements directs selon le Diagnostic paysan qui soumet les fermes à l’observation d’un certain nombre de critères contrôlant notamment la qualité des produits, l’usage des produits phytosanitaires et la bonne gestion de l’eau. Il est aussi demandé que le financement public soit réorienté vers la transformation artisanale locale et que des aides soient introduites pour créer des unités de proximité pour le stockage, la distribution et la vente (comme des épiceries participatives).
Pour le type d’agriculture, Uniterre privilégie les fermes paysannes diversifiées en polyculture-élevage. Il est demandé que les paiements soient distribués en fonction de la main d’oeuvre et non des hectares, ce qui encourage une agriculture créatrice d’emplois.
Un grand souci du syndicat face à la disparition des exploitations et au vieillissement de la population paysanne est le maintien de l’agriculture, que doit favoriser une facilitation de l’accès à la terre pour de nouveaux paysans non issus du milieu agricole, et la mise en place de fermes publiques pour aider à l’entrée dans la vie professionnelle.
Le troisième axe, le plus important qui concerne aussi les deux autres, porte surtout sur le revenu paysan. Pour sortir du problème constant de son insuffisance, Uniterre exige que soient garantis des prix qui ne seront jamais en dessous des coûts de production. Il devrait en résulter pour tous les paysans un salaire de 40 CHF de l’heure, ce qui leur permettrait de verser un salaire de 30 CHF de l’heure aux ouvriers agricoles. On ne pourra y parvenir sans protection douanière et sans l’exclusion de l’agriculture des accords de libre-échange. Pour stabiliser un revenu paysan décent, on pourrait aussi compter sur une nouvelle assurance sociale, appelée ASA (Assurance Sociale Alimentaire), instaurant une solidarité entre producteurs et consommateurs. Elle serait financée comme l’AVS par des cotisations, qui pourraient être de 1,9 % du salaire, payées par tous, pour moitié par les employeurs et pour moitié par les employés; elle donnerait droit à recevoir chaque mois un montant sur une carte permettant, sans obligation, d’acheter des produits alimentaires chez des producteurs conventionnés. L’amélioration du revenu paysan par la reconnaissance de la valeur du travail fourni amènerait la diminution des paiements directs et la fin progressive de ce statut d’assistés imposé, et si souvent reproché, aux agriculteurs. Pour ce qui est de la condition paysanne, Uniterre revendique aussi la réduction de la charge administrative, qui a provoqué tant de mécontentement ces derniers temps.

Le POP-Valais-Wallis n’oublie pas qu’à sa fondation, il s’appelait Parti Ouvrier et Paysan et qu’il joua à l’époque un rôle important dans l’organisation des paysans de la Plaine du Rhône. Le POP-Valais-Wallis est heureux de saluer dans Uniterre un syndicat qui travaille infatigablement pour l’avenir de l’agriculture et la qualité de vie des paysans. Fondement de l’économie, l’agriculture ne doit être ni industrielle, ni consumériste, ni capitaliste. Ni la quantité, ni le profit (réalisé sur le dos des producteurs) ne doivent l’intéresser. Elle doit pouvoir consacrer tous ses efforts à la production pour tous, dans le respect de la nature, d’une alimentation saine, en garantissant des revenus dignes à tous ceux qui se chargent de ce travail à la fois si important et si noble.

Et c’est sans hésiter que le POP-Valais-Wallis s’engagera aux côtés d’Uniterre, chaque fois qu’il pourra lui être utile !

Jean-Marie Meilland